Conjoncture vaudoise – 2e trimestre 2026

Le dernier rapport trimestriel de la Commission conjoncture vaudoise (avril 2026), réalisé en collaboration avec le KOF et porté par des partenaires sectoriels majeurs tels qu’EIT.vaud, l’AVCV, la FVE et la FVMFAC, révèle une dynamique à deux vitesses très marquée au sein du secteur de la construction dans le canton de Vaud. Résumé et décryptage des enjeux pour les professionnels du bâtiment.

Une stabilité globale en trompe-l’œil

À première vue, les indicateurs macroéconomiques de la construction vaudoise affichent une belle résilience. Au 31 mars 2026, le secteur emploie 30’602 personnes dans le canton, témoignant de son rôle de pilier économique régional. L’activité administrative reste soutenue avec 1’063 demandes de permis de construire déposées au cours du trimestre, soit 107 de plus que le trimestre précédent, bien qu’en léger recul de 5 demandes sur un an.

Répartition des 1’063 demandes de permis
Constructions nouvelles322 demandes
Transformations et rénovations493 demandes
Agrandissements et adjonctions166 demandes

Si un tiers des entrepreneurs interrogés qualifient globalement la marche des affaires de satisfaisante et s’attendent à un maintien de la situation au semestre à venir, cette apparente stabilité cache des disparités profondes entre les différents corps de métier.

Second œuvre et installations : des éclaircies bienvenues

Les entreprises du second œuvre et des installations techniques affichent un optimisme certain :

  • 40% des répondants du secteur qualifient la marche actuelle de leurs affaires de bonne.
  • La demande insuffisante, obstacle récurrent des trimestres précédents, reflue significativement et ne concerne plus qu’un tiers des entreprises de la branche.
  • Les carnets de commandes se renouvellent, portés notamment par les exigences accrues en matière d’efficacité énergétique et de rénovation technique.

Point de vigilance majeur : Malgré ce climat favorable, les réserves de travail globales du second œuvre sont tombées à 4,6 mois seulement — le point le plus bas mesuré pour ce secteur depuis la période Covid-19. La visibilité à moyen terme se réduit, exigeant des efforts accrus en matière de prospection.

Le gros œuvre face à de lourdes pressions

Le contraste est saisissant avec le gros œuvre, où la conjoncture s’avère nettement plus morose. Près de deux entrepreneurs sur cinq (40%) qualifient désormais la marche de leurs affaires de mauvaise. Ce segment subit de plein fouet un double effet de ciseau :

  • Difficultés financières : Deux tiers (66%) des entreprises du gros œuvre font état de sérieux obstacles liés au financement de leurs opérations ou de leurs investissements.
  • Déficit de demande : Près de la moitié des acteurs du gros œuvre souffrent d’une demande de construction insuffisante sur le marché vaudois.

Synthèse par grands indicateurs conjoncturels

Indicateur
Gros œuvre
Second œuvre
Appréciation générale
Défavorable
Favorable
Demande de marché
Insuffisante ~50%
Insuffisante 33%
Obstacle principal
Financement (66%)
Visibilité carnets
Réserves de travail
Élevées (Bât./GC)
4,6 mois ⚠

Focus RH : effectifs stables et enjeux de main-d’œuvre

Au 31 mars 2026, la répartition de la main-d’œuvre dans la construction vaudoise démontre l’importance quantitative des métiers techniques :

Personnes occupées au 31 mars 2026
Maçonnerie et génie civil10’476
Menuiserie, ébénisterie, charpenterie4’557
Plâtrerie et peinture3’426
Installations électriques2’357
Chauffage et ventilation1’259
2’357
personnes occupées
installations électriques
1’259
personnes occupées
chauffage et ventilation

Pour les branches des installations techniques, si le climat commercial est au beau fixe, l’exécution concrète des commandes reste périodiquement entravée par le manque structurel de main-d’œuvre qualifiée, thème central pour l’avenir de nos professions.

L’accompagnement de TBS SA face aux défis de 2026

Les éclaircies constatées pour le second œuvre ce trimestre sont encourageantes, mais la chute des réserves de travail à 4,6 mois — niveau post-Covid — impose une vigilance accrue. L’appartenance à nos associations professionnelles (EIT.vaud et AVCV) constitue un rempart essentiel, notamment via l’application rigoureuse des Conventions Collectives de Travail (CCT) qui garantissent une saine concurrence.
Le manque structurel de main-d’œuvre qualifiée démontre que l’investissement dans la formation professionnelle — initiale (CFC/AFP) et supérieure (brevets et diplômes fédéraux) — s’impose plus que jamais comme la clé de voûte pour pérenniser ces éclaircies conjoncturelles. Nous invitons fortement les chefs d’entreprise à anticiper ces enjeux via le portail techniquebatiment.ch.

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